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Cette histoire a commencé sur la colline de Vontovorona, près d’Antananarivo, un jour de 1989, avec l’accueil des premiers orphelins, dont plusieurs trouvés dans le plus grand dénuement à proximité du village. La tonalité était donnée, l’implantation d’une association SOS Villages d’Enfants à Madagascar répondait à des besoins évidents, l’action se devait d'être immédiate. Le concept de SOS Villages d’Enfants n’a pas tardé à montrer sa capacité à s’adapter. Proche du village, l’association a créé une école maternelle et préscolaire, un dispensaire, un foyer pour les adolescents et un centre de formation agricole suivis un peu plus tard d’une école primaire et secondaire. En quelques années, nous sommes ainsi passés de l’assistance aux enfants orphelins à une action pour le plus grand nombre d'enfants en situation potentielle d'exclusion. Le village d’enfants, s’est peu à peu transformé pour devenir un acteur important du développement local. Si les enfants orphelins accueillis à Vontovorona ont pu bénéficier d’un cadre privilégié pour s’épanouir, nous avons aussi contribué à l’amélioration de la santé et à l’éducation de milliers d’enfants pauvres du voisinage. Le village d’enfants de Vontovorona est devenue une référence reconnue par les acteurs et décideurs de la protection sociale à Madagascar. Une reconnaissance qui a conduit l’association SOS Villages d’Enfants Madagascar, avec l’appui de l’Association SOS Villages d’Enfants France, à développer deux autres villages. C’est ainsi qu’ont vu le jour en 1998, le village d’enfants de Mangarano àTamatave puis, en 2003, celui d’Ivohitra à Antsirabe. Chaque village d’enfants a mis en place, en fonction de la réalité locale, des actions différentes mais durables et perçues comme prioritaires. Et même si nos dispositifs prévus pour accueillir le plus favorablement possible les enfants semblent parfois contraster avec le dénuement de la vie locale, nos programmes sont soutenus voire protégés par la communauté tant qu'ils garantissent la protection, l’éducation et le devenir de leurs enfants. Conjointement à l’accueil en village d’enfants, un ambitieux programme de renforcement des familles et de prévention de l’abandon est né en 1999. Le premier Centre d’Accueil de Jour a été créé à Antananarivo pour les populations les plus démunies. Et, avec lui, le défi de scolariser les enfants et d’aider les parents à épargner et à retrouver une activité source de revenus. On le sait aujourd’hui, ce programme a permis à bon nombre de familles de « re-vivre » et de redonner du sens au lien familial. Il a contribué à ce que de nombreux parents (ré)investissent l’éducation de leurs enfants. A ce jour, cette formule s’est développée à Antsirabe, à Mahajanga, à Toliary et à Toamasina où 8 centres d’accueil de jour proposent et articulent des actions médico-sociales, éducation et animation afin de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des quartiers défavorisés. Durant leur deuxième décennie, les villages d'enfants diversifient leur prise en charge, à l’accueil en maison familiale, puis en foyer pour les plus âgés, s’ajoute le service de placement familial. 10 maisons louées en ville à Mahajanga et à Antananarivo offrent une formule d'accueil plus souple et permettent l’accompagnement fondé sur les mêmes engagements de qualité. Le SISOP (Service d’Insertion Sociale et Orientation Professionnelle) aide, quant à lui les jeunes des villages d'enfants aux 4 coins du pays, à négocier leur insertion en milieux urbain et rural. A en juger par la réussite sociale de ceux qui sont devenus autonomes, on se dit que le jeu en valait la chandelle. 20 ans… Une expérience, une maturité mais aussi 4000 bénéficiaires par jour et 500 professionnels. Comment préserver le dynamisme sans souffrir des habitudes et des certitudes ? C’est le piège, et il nous est défendu d’y tomber. Cet anniversaire doit nous donner l’occasion d’exprimer notre reconnaissance à nos aînés : les fondateurs de l'Association Malgache et l’Association SOS Villages d'Enfants France, d’avoir fait ce pari. Mais il doit aussi nous conduire à analyser ce que nous sommes devenus afin de toujours mieux relever les défis qui nous attendent. 20 ans après, forts d’un engagement toujours renouvelé, notre mission s’oriente toujours plus autour de la protection de l’enfant et de la lutte pour la défense de ses droits. Elle s’inscrit dans un partenariat durable : des actions avec l’IPEC/BIT, la participation aux plateformes de l’Enfance et de la Société Civile. Ce souci de partager et conjuguer nos expériences et savoir-faire, est aussi à l’origine de la création, avec l’appui de l’Ambassade de France, d’un Institut Supérieur du Travail Social, en lien avec l’Ecole de Service Social et le CFAE (Centre de Formation d’Educateurs – Animateurs)…Le défi est alors de former des professionnels du social, cadres et éducateurs spécialisés, relais indispensables à la mise en œuvre de politiques sociales pérennes... L’Association SOS Villages d’Enfants Madagascar a acquis une force et une maturité au service de l’Enfance et du développement durable de Madagascar qu’elle entend encore renforcer. Si notre histoire est belle et généreuse, n’oublions jamais que nos enfants d’aujourd’hui sont les citoyens de demain, et que nos résultats s jugeront à leur devenir. Alors poursuivons ensemble le combat social!
« Pauvreté et désespoir sont des voleurs d’enfance »
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